La recherche
En Chine pour chercher un appartement c'est pas trop compliqué : on rentre dans une agence (un de ces petits magasins avec plein d'étiquettes collées sur la vitrine), on dit ce qu'on veut, le prix qu'on est prêt à y mettre et hop, c'est parti pour visiter !
J'avais déjà commencé à faire mes recherches depuis la France, en faisant part à un ami de mes "besoins" : une salle de sport, une piscine, un terrain de tennis et un terrain de basket. Et l'appart ? Ben pour moi c'est un peu secondaire... Pourvu qu'il ne soit pas trop pourri et qu'il y ait un lit pour que je dorme...
C'est donc à peine rentrée que je me suis mise à chercher. Le lendemain de mon arrivée j'avais rendez-vous avec xiao Sun, mon agent. Nous avons commencé par visiter un chouette duplex, très bien situé. Ce qui a tout cassé c'est la salle de sport : une piscine vide et des machines de sport vétuste... Donc là, c'est pas la peine. Afin de nous éviter d'inutiles visites j'ai dit à Xiao Sun que la prochaine fois nous procéderions à l'envers : visiter les installations sportives avant les appartements. Comme ça ça évitera des déconvenues. D'ailleurs, soit dit en passant, il était franchement efficace ce petit Sun ! Nous avons tout fait au pas de course à un rythme d'enfer, chrono en main afin de calculer les temps de trajet pour aller à la station de métro. Le tout en parlant des superstitions chinoises, des us et coutumes du pays, du fonctionnement de mon quartier, le tout bien entendu en chinois !
Le lendemain j'ai passé ma journée à visiter des appartements. Le premier lotissement que nous avons visité était neuf. Tout neuf. Et à moi, on ne la fait plus ! Je ne veux pas être réveillée par une perceuse à 6h, j'ai donné ! Donc le lotissement tout neuf, on oublie. Comment ça je suis difficile ? L'étape d'après a été la bonne : un chouette lotissement avec des chouettes installations sportives. Une piscine pleine, de 50 m, deux salles de squash, deux terrains de tennis, une salle de sport avec des machines qui marchent. Seul hic : pas de terrain de basket. Argh.... Je me suis quand même dit que j'allais visiter les appartements. Et là, coup de foudre au premier. Le plus dur c'est de ne pas se montrer trop enthousiaste afin de pouvoir ensuite négocier. Ben je peux vous dire que j'ai eu du mal à ne pas me montrer trop enthousiaste. C'est pas dans mon naturel ! Bref. J'en ai encore visité deux dans le même lotissement mais il n'y avait rien à faire : c'est le premier que je voulais. Et ce même si il y a un mur doré de 2m par 3. Oui, oui, oui, vous avez bien lu, dans mon appart' j'ai un mur doré de 2m par 3... Mais bon, un mur ça se masque !
Donc voilà ! En un jour et demi j'ai trouvé mon appart'. Mais le plus dur restait à venir...

La signature du contrat
C'est là que commencent les négociations. Le principe est simple : il faut se rapprocher le plus proche possible de la limite inférieure possible pour le prix sans pour autant trop descendre sinon on perd l'appartement. Moi je savais que je voulais celui là, négociations ou pas. N'empêche que... Il fallait quand même penser à ce que je voulais faire rajouter dans le contrat : un bureau, faire enlever une télé... A ce moment là je n'étais toujours pas en contact direct avec le propriétaire : c'est en fait l'agent (Xiao Sun) qui gère tout. Il sert d'intermédiaire. Je vous passe le nombre de coup de fil qu'il y a eu ! Vous pouvez rajouter à cela deux intermédiaires : ma compagnie et un ami qui m'aidait quand je ne comprenais pas ce que Xiao Sun me disait au téléphone (ben oui au téléphone on ne peut pas mimer... Ca passe pas bien !). Bref, au bout d'une semaine, à force d'insister le contrat a fini par être signé. Et j'ai pu commencer la 3ème et dernière partie de mon aventure...
Le déménagement
Une fois de plus, c'est Xiao Sun qui a géré la situation : réservation du camion et des déménageurs. Et là je crois que j'ai eu du mal à lui mimer au téléphone la quantité d'affaires que j'avais à déménager. Le samedi matin, date de mon déménagement, un immense camion est arrivé à la porte de mon université. Avec dedans 3 petits chinois : les déménageurs. Faut dire qu'au téléphone Xiao Sun m'avait demandé : "combien de cartons as tu ?". Moi des cartons j'en avais pas beaucoup, une petite dizaine. Alors je lui ai dit "j'en ai une petite dizaine". "Des gros ou des petits ?" Euh... des moyens ! Et j'ai rajouté que j'avais d'autres trucs à côté... Donc voilà : je me suis retrouvée avec un trop grand camion et trop de déménageurs. Au moins, ça a été vite : en 10 minutes tout était dans le camion et j'ai arrêté les déménageurs à temps : ils voulaient embarquer les meubles ! Faut dire que ce n'est pas parcequ'ils sont petits qu'ils ne sont pas costauds : les déménageurs chinois ça descend Et les meubles c'est pas les miens c'est ceux de la chambre. Pour le retour nous avons pu faire le déménagement avec les déménageurs. Comme il n'y avait pas de place dans la cabine avant du camion deux des déménageurs sont allés dans le coffre. Et heureusement pour eux je n'avais pas beaucoup d'affaire donc ils ont eu de la place. Le retour a été des plus comiques : la musique a fond avec des haut parleurs crachotant et un chauffeur des plus marrants absolument anti-américain. Et le retour a aussi été l'étape la plus longue : 50 minutes. J'avais oublié à quel point Minhang c'est far far away ! Pour tout sortir du camion le record a été battu : 5 minutes. Faut dire qu'il y avait un ascenseur et que la main d'oeuvre avait été doublée : xiao Sun, le propriétaire et sa femme nous attendaient dans l'appartement et nous ont aidé. Une fois tout mis en vrac dans l'appartement, le check up fait et les gens partis j'ai pu commencer à tout déballer histoire de m'installer dans mon grand appartement trop grand pour moi toute seule.

Qu'elle ne fut pas ma surprise quand le lendemain matin j'ai découvert des nouveaux collocs ! A défaut de Baltazar et sa famille j'avais sur ma terrasse des ouvriers arrivés par les murs extérieurs entrain de refaire les peintures... Même au 11ème étage on est pas tranquille !

Les grandes surfaces Carrefour ne sont pas au mieux de leur forme en Chine en ce moment. Après avoir été critiqué plusieurs fois dans la presse chinoise pour produits vendu avec une date de péremption passée et hygiène douteuse (or tout le monde le sait, les chinois en matière d'hygiène ils s'y connaissent !). Cette fois ci il s'agit d'une histoire franco-française, quand une multinationale s'en prend à une autre...
Vous (blogeurs de Shanghai ou lecteurs de blogs de Shanghai !) êtes donc convié au C's bar le jeudi 27 avril à partir de 19h30
L'adresse
定西路 685号 (靠近法华镇路)
685 Dingxi Road (by Fahuazhen Road)
A défaut d'avoir pu participer à la première édition, cette fois j'y serai !
Au plaisir de vous y rencontrer/voir/revoir...
"Les pékinois n'auraient plus le temps de rendre hommage à leurs ancêtres et aux chers disparus ? Peu importe, Internet est là !
Ils sont des milliers à s'être précipités sur des sites Web spécifiques qui permettent de brûler de l'encens? virtuel.
La fête traditionnelle chinoise du Qingming est l'équivalent de la Toussaint pour les catholiques. A Pékin part exemple, des millions de chinois se précipitent dans les cimetières pour nettoyer les tombes et honorer les morts.
Mais ils sont de plus en plus nombreux à céder aux appels du monde moderne et des technologies IT. Brûler de l'encens virtuel est d'ailleurs encouragé par les autorités, qui se sont lancées dans une campagne de limitation des excès de Qingming, jour où les chinois brûlent des objets symboliques."
www.silicon.fr, jeudi 6 avril 2006.
Il ne me reste plus qu'à trouver le site où je puisse mettre un cierge afin d'avoir un toit et un bureau...
Petit aperçu de ce que sont mes journées depuis que je suis arrivée : du métro, de l'usure de semelles de chaussure et de la négocitation en chinois/anglais/français. Mais je ne désespère pas. Tout va finir par rentrer dans l'ordre. Je vais avoir un bureau (aussi loin soit il...), un outil de travail (aussi peu puissant soit il...) et un toit au dessus de ma tête (aussi peu solide soit il...).
J'ai mal au pieds, je commence à être fatiguée de ces visites d'appartement (et pourtant, je n'en ai vu "que" 7 en une journée et demi) de ces allers retours en transport (j'ai passé plus de 6 heures dans les transports aujourd'hui...) de ces négociations (et la négociation en chinois c'est tout un art !).
Allez, une petite touche d'optimisme : il fait beau. Très beau. Et tout ça va finir par s'arranger ! Sisisi, j'y crois !

