Mes lectures

Vendredi 6 mai 2005 5 06 /05 /2005 00:00

Par l'auteur de "La joueuse de Go", "Impératrice" raconte l'histoire romancée de la seule impératrice qu'ait connu la Chine pendant ses 2000 ans d'histoire impériale (de 221 av. JC à 1911). Cette femme exceptionnelle, Wu Zetian, née au VIIème dans la dynastie des Tangs est devenue impératrice en 690, elle a alors créée sa propre dynastie, la dynastie des Zhou. Née dans une famille d'officiels à Wenshui, elle a vécu 82 ans et a régné pendant 50 ans. Durant son règne le pays a maintenu la prospérité et le peuple a vécu en paix. En plus d'être une femme politique exceptionnelle, Wu Zetian était également une grande poétesse et une grande caligraphe, elle excellait en dans et en musique. Cette femme savait s'entourer des esprits les plus érudits de son époque, sa cour comptait un grand nombre de poétes. L'impératrice a la première voulu changer le système politique de son pays, en instaurant un concours ouverts à tous les érudits elle a supprimé le "droit de famille", ce n'est pas parce qu'un parent est dans la politique que sa decendance y sera aussi. Elle a ainsi su s'entourer d'hommes de terrain, se rapprochant du peuple et comprenant mieux ses attentes. A la fin de son règne, juste avant sa mort, afin de maintenir une stabilité sociale, l'Impératrice a décidé de remettre le pouvoir d'Etat à la dynastie des Tang.

 

Le roman de Shan Sa raconte l'histoire de cette femme exceptionnelle, son histoire est certes romancée, déformée, elle n'en reste pas moins basée sur des faits réels. Une fois le livre terminé, on veut en savoir plus...

 

Impératrice Shan Sa

 

Sous cette dynastie des Tang, les femmes connurent une période faste,  l'ouverture d'esprit et le libéralisme de cette époque sont impressionnants. Un couple qui voulait divorcer sur la base du consentement mutuel pouvait, les femmes divorcées ou veuves pouvaient se remarier. Malheureusement, la Chine n'aura su garder ces avancées extraordinaires pour l'époque et les femmes ont perdu de leur Ci dessous l'article publié à ce sujet sur www.french.xinhuanet.com

 

"Peu après l'établissement de la dynastie des Tang, la cour impériale décréta une allocation favorable des terres et un système fiscal afin de développer la production agricole qui, en ce temps-là, prit un rôle de chef de file de l'économie nationale. Selon le nouveau système, le gouvernement allouait des terres tant à un chef de famille masculin qu'à une veuve, celle-ci ayant droit à une plus grande terre si elle avait des dépendants. Ayant leur propre terre, les femmes pouvaient donc bénéficier d'une meilleure indépendance économique.

Selon le Code des Tang, un couple qui voulait divorcer sur la base du consentement mutuel et dans la bonne entente n'était pas puni. Cette mesure signifiait que la loi protégeait le droit au divorce des gens au moyen de la consultation. Les registres historiques montrent qu'il n'était pas rare de voir des femmes divorcer ou se remarier à cette époque. Contrairement à la tendance prédominante à l'époque d'autres dynasties féodales, une veuve n'était pas considérée " impure " si elle se remariait. Dans un accord de divorce conclu durant la dynastie des Tang, on peut lire : " Puisque nous ne pouvons pas vivre dans l'harmonie ensemble, vaut mieux nous séparer. J'espère qu'après le divorce, niangzi (une sorte d'appellation de la femme de quelqu'un) pourra être aussi jeune et aussi belle qu'auparavant, et je souhaite qu'elle trouve un mari qui lui convient mieux. J'espère que le divorce ne sèmera pas la haine entre nous pour le futur. " Cette entente de divorce reflète non seulement l'égalité des femmes à l'intérieur du mariage mais aussi l'ouverture d'esprit générale du peuple à l'époque des Tang.Les femmes de la famille impériale n'étaient pas soumises à des restrictions maritales ou à des contraintes. Du règne de l'empereur Gaozong à celui de l'empereur Suzong, soit du début au milieu de la dynastie des Tang, il y a eu 98 princesses, dont 61 se sont mariées, 24 qui se sont remariées et quatre qui se sont mariées à trois reprises. Cette tendance a ébranlé les assises mêmes de la morale féodale traditionnelle.

Durant les Tang, il était courant que des Han épousent des personnes de l'étranger ou d'ethnies minoritaires, et il y avait une loi qui protégeait les mariages mixtes. Selon des registres historiques : " Beaucoup de Tartares ( appelés Hu en chinois et correspondant à des personnes de nationalité autre que han) qui vivaient depuis longtemps à Chang'an ont marié des femmes han et ont eu des enfants. Des Tartares ont épousé des Han et maintenant, de nombreux jeunes de Chang'an sont issus d'un mariage mixte. " Certaines personnes de la famille impériale ont également épousé des personnes d'autres nationalités. Sept des 19 filles de l'empereur Gaozu ont épousé un homme d'une autre nationalité, et huit des 21 filles de l'empereur Taizong ont épousé un étranger. Durant la quinzième année (641) de la " paix de Zhenguan ", la princesse Wencheng a épousé le roi des Tubo. Elle a apporté de nombreuses techniques de production avancées aux Tubo, contribuant ainsi beaucoup à l'amitié et aux échanges culturels entre les Han et les Tibétains.La dynastie des Tang a accordé une grande importance à l'éducation, et les femmes sous les Tang avaient les mêmes droits et les mêmes occasions de s'instruire que les hommes. Cette dynastie splendide est probablement la plus célébrée pour sa profusion de grands poètes. Les Poésies complètes des Tang contiennent plus de 50 000 poèmes écrits par plus de 2 000 poètes, desquels 20 furent des personnalités influentes dans l'histoire de la littérature chinoise. Il y a eu également des poétesses célèbres, dont Shangguan Wan'er est la plus représentative. Ses poèmes ont un style qui lui est personnel -le style Shangguan- qui inspira Li Bai, le poète le plus célèbre parmi les poètes chinois anciens. Durant les Tang, écrire de la poésie n'était pas seulement un privilège réservé aux femmes de la noblesse mais était également pratiqué par les femmes du commun.Sous les Tang, les femmes ont également eu l'occasion d'apprendre l'histoire, la politique et de faire un apprentissage militaire. À la fondation de cette dynastie, la princesse Pingyang a participé personnellement à des batailles, conduisant un détachement de femmes pour aider son père, l'empereur Gaozu. La princesse Taiping, fille de l'empereur Gaozong, a écrasé des mutineries à deux reprises au sein de la cour en des temps critiques.

Comme les femmes sous les Tang ont bénéficié d'un environnement social relativement calme et d'une vie sociale indépendante, la conduite de celles qui étaient bien éduquées était nettement différente de celle des femmes des autres dynasties. Elles avaient le droit de boire du vin à leur gré et de chanter haut et fort dans les tavernes, de chevaucher au galop dans les environs, voire même de faire concurrence aux hommes sur les champs de polo. Durant les Tang, les femmes avaient des activités sociales et menaient des affaires de manière indépendante. Elles se sont même distinguées dans la sphère politique, l'exemple le plus notoire étant la princesse Zhangsun, l'impératrice la plus vertueuse de Chine."

www.french.xinhuanet.com

 

 

A lire également pour en savoir plus sur l'histoire de cette impératrice : http://www.ancientworlds.net/aw/Article/418928, mais c'est en anglais...

Par Marieke Flament - Publié dans : Mes lectures
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Mercredi 11 mai 2005 3 11 /05 /2005 00:00

Je viens de terminer l'excellent livre de Xinran "The good Women of China" (traduit en français par "Chinoises"). De 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes. Après avoir rencontré des centaines d'entres elles, elle publie ce livre, recueil de témoignages de femmes chinoises. Ce livre est bouleversant, de femmes en femmes et de destins en destins, il montre à quel point la Révolution culturelle et les années noires de la Chine ont pu détruire des vies : mariages forcés, viols, familles anéanties, catastrophes naturelles, guerres, pauvreté, se confiant à Xinran ces femmes nous ouvrent le livre de leur vie. On ne ressort pas de la lecture de ce livre intact. Il m'a profondément bouleversée, je ne cesse de me poser des questions sur ces femmes de Chine. Ce qui m'étonne le plus dans tout ça, c'est que j'ai trouvé ce recueil dans un magasin de livres à People Square. La censure aurait-elle malencontreusement laissé passer un livre compromettant ?

 

"The good Women of China", Xinran

 

Xinran vit aujourd'hui en Grande-Bretagne et tient une chronique dans le quotidien "The Guardian". Elle est également l'auteur du roman "Les funérailles Célestes". Celui là, je ne l'ai pas encore trouvé, mais si je le trouve, je le lis, c'est sûr ! Xinran a crée en Grande-Bretagne une association humanitaire, the Mother's Bridge of Love (MBL), le but de cette action est de permettre une meilleure intégration pour les enfants chinois adoptés par des parents non-chinois. Ci dessous une interview de l'auteur extraite du site www.eurasie.net

 

 

 

Eurasie : Comment vous êtes-vous dirigée vers le journalisme ?

Xinran : Tout d’abord j’écris depuis longtemps : j’ai publié mon premier poème à 15 ans dans un magazine. Puis j’ai étudié l’anglais et les relations Internationales, l’informatique puis le droit dans le département politique de l’armée. Dans les années 1980, les dirigeants politiques ont fait appel à des militaires qui avaient été éduqués pour remplir des postes de journalistes. Moi qui était depuis 12 ans à un poste civil de l’Université de l’armée, je me suis présentée à un de ces postes. J’ai été retenue et je suis devenue professionnelle en 1989.

Eurasie : Vous auriez du être échaudée par la façon dont était traitée et déformée l’information en Chine surtout durant la révolution culturelle ?

Xinran : Je dois avouer que le souvenir de la révolution culturelle me hante toujours, et il n’est pas rare que j’en fasse encore des cauchemars. Je ne sais pas si je pourrai jamais m’en débarrasser. Durant cette période, mes parents ont été emprisonnés pendant 7 ans, et mon frère et moi avons été envoyé dans un orphelinat militaire. Cependant, sans la révolution culturelle, je ne serai peut être pas devenue la Xinran d’aujourd’hui...

Eurasie : Comment cela ?

Xinran : J’ai été isolée à cette période, et on m’enfermait souvent dans une bibliothèque avec pour ordre de lire des livres pour « devenir meilleure ». D’un côté je voulais aller jouer avec les autres enfants, d’un autre côté je me rends compte que je me suis enrichie et j’ai découvert dans les livres, par la connaissance, que d’autres personnes avaient vécu des souffrances comparables aux miennes. Je crois qu’on apprend énormément de la douleur, des souffrances de la vie. Si on a une vie trop agréable, on ne peut pas trop apprendre. Lorsque je disais cela à mes collègues de la radio, ils ne pouvaient pas comprendre.

Eurasie : Que vous ont appris vos reportages ?

Xinran : J’ai interviewé des gens et ai été étonnée de voir la différence entre ce que je savais par mes interview et ce que je lisais dans les livres. Après avoir enquêté pour réaliser mes livres (Chinoises et Funérailles célestes), j’ai vraiment appris mon métier de journaliste. J’ai été éduquée par les journaux et les livres, mais je ne savais pas qu’ils étaient biaisés. Ainsi j’ai été très choquée, la première fois où je suis allée à la campagne, de voir des enfants nus. Ca ne cadrait pas avec ce que j’avais appris. Autre exemple : avant d’étudier la question en profondeur, j’avais appris et je croyais que le Tibet avait été libéré par la Chine !

Eurasie : Peut-on dire que les Chinois n’ont pas connu de vie intime durant les dix années de la révolution culturelle ?

Xinran : Oui, mais cela ne m’a jamais choqué tant que je vivais en Chine. Je n’en ai fait le constat qu’en sortant du pays. D’ailleurs, l’absence d’intimité ne vient pas seulement de la révolution culturelle, elle est ancrée dans notre histoire et notre culture. Depuis les années 1950, on ne doit pas avoir de vie intime. Je suis sûre que si vous rencontrez un vieux couple de Chinois de la diaspora, ils ne se toucheront pas devant vous.

Eurasie : Où se situe la place de la femme dans la société chinoise ?

Xinran : Sûrement pas au même niveau que l’homme ! Savez vous qu’en Chine beaucoup de mots utilisent l’idéogramme « femme » pour composer des mots désagréables ? Et la femme n’a pas de droits. Dans les villes jusqu’en 1990, l’homme avait le droit d’avoir une unité de travail, pas la femme. De toute façon, la Chine est un pays mâle. Les coutumes sont beaucoup plus favorables aux hommes qu’aux femmes. Toute la société a été construite pour les hommes. Les gens dans les villes voient moins de différences entre les hommes et les femmes. Elles perdurent pourtant.

Eurasie : Vous répétez que les jeunes Chinoises n’ont pas d’éducation sexuelle et arrivent à l’âge adulte sans véritable connaissance du sexe. Est-ce encore vrai aujourd’hui ?

Xinran : Je pense que cette situation a changé depuis les années 2000 avec l’enseignement officiel de l’éducation sexuelle. Avant, on n’autorisait jamais à en parler. Si les choses changent, certains parents n’expliquent toujours pas la sexualité à leurs enfants, ils leur disent qu’ils viennent du ciel ! Lors de mon émission de radio, quand je recevais les questions naïves des auditeurs, je pensais que les gens étaient stupides. Mais, moi aussi, j’ai été stupide. Jeune fille, comme beaucoup de gens, je pensais qu’en se touchant et en s’embrassant, on pouvait tomber enceinte. Cet état de fait a commencé à changer dans les années 90, quand les gens ont adopté le mode de vie occidental. Aujourd’hui, l’Internet et les magazines parlent aussi de sexualité. Les jeunes Chinois se demandent pourquoi on ne peut pas parler de sexualité en famille. Depuis le printemps 2000, on enseigne l’éducation sexuelle à l’école primaire aux enfants de 11-12 ans. Ce qui a scandalisé des parents qui étaient contre. Mais c’est un premier pas : les enfants savent.

Eurasie : Pourquoi avez-vous décidé de quitter la Chine ?

Xinran : Durant mes émissions, on m’interrogeait souvent sur la religion, la sexualité et le système juridique, des sujets auxquels nous, journaliste, ne pouvions pas répondre. Nous avions l’impression de ne servir à rien. Que pouvais-je faire ? Avant 1995, il était facile de répondre aux questions. Après cette date, les gens ont commencé à penser et à poser des questions « difficiles » sur la société...que je me posais aussi ! Plus cela allait, plus j’avais du mal à faire ce grand écart, je prenais trop de somnifères, ma santé se détériorait. Cela m’a décidé à partir.

Eurasie : N’avez-vous jamais eu de difficultés à imposer votre émission radio sur les femmes ?

Xinran : Oui, ça a été très dur. La première réaction de mon patron a été : « qu’est-ce qu’on peut raconter à propos des femmes ? » Mais après quelques mois, il est devenu mon premier auditeur ! Pour lancer mon émission, je me suis documentée : j’ai lu beaucoup de livres occidentaux à propos des femmes. On y parlait du travail mais jamais de la vie familiale, de la vie privée. C’était un sujet tabou car trop intime et donc, du coup, inconnu. C’était comme parler de Chine à quelqu’un qui n’y avait jamais été ! C’était le genre de discussion intime qu’on avait que sur l’oreiller. Il a donc fallu de la ténacité pour faire se déplacer ces discussions privées sur la radio publique !

Eurasie : Quelles ont été les étapes de la métamorphose de votre émission ?

Xinran : Il a fallu intéresser les gens à moi pour qu’ils commencent à poser leurs questions. Au départ, beaucoup avaient peur de parler, ils ne savaient pas vraiment comment se lancer dans une conversation. Ils s’intéressaient à leur famille, à leurs proches, ils ne voyaient pas plus loin. Après 1992, beaucoup de gens ont posé des questions plus profondes, plus recherchées. Ainsi nous avons entendu des questions intéressantes de paysans : ce sont eux qui ont cru à la politique d’ouverture du gouvernement, pas les gens éduqués. Ces derniers n’y croyaient pas car ils avaient vu trop de mouvements politiques engloutir les Chinois crédules.

Eurasie : Le phénomène de kidnapping de filles et de femmes est-il répandu ?

Xinran : Cela a toujours existé à la campagne. Quand vous êtes pauvres, des personnes malfaisantes essayent toujours d’en profiter. D’où ces kidnappings. Pour beaucoup, c’est un véritable business. D’ailleurs quand j’allais à la campagne, j’étais toujours escortée par un policier. Des hommes ont même demandé « je peux acheter cette femme ? »

Eurasie : Quel bilan tirez-vous de la période Mao pour les femmes ? Les avancées ? Les reculs ?

Xinran : Même si Mao a fait de terribles choses, il a été le premier à libérer les femmes des villes de leur foyer. Ce qu’il a raté ? Il ne leur a pas donné l’éducation qui va avec. Dans la journée, les femmes travaillent et le soir elles doivent redevenir des femmes traditionnelles qui s’occupent du foyer. Les idées de Mao font penser à celles d’empereurs passés. Il a été très influencé par la philosophie chinoise qui est mâle.

Eurasie : Beaucoup de situations difficiles que vous décrivez existent malheureusement dans d’autres pays. Quelle est la spécificité de la situation des Chinoises ?

Xinran : Le décalage des conditions de vie entre l’orient et l’occident. La Chine ne s’est ouverte que depuis 20 ans. Après la sortie de mon livre « Chinoises », j’ai rencontré des centaines de journalistes dans 35 pays. Maintenant, avec le recul, je peux dire que les situations décrites dans mon livre arrivent dans d’autres pays. Les occidentaux disent que les Chinoises ne sourient pas. Je veux leur expliquer par quoi sont passées ces femmes, toutes leurs terribles expériences. J’ai été touchée par les récits de ces Chinoises. Cela m’a poussé à décrire ce qu’elles ont vécu et ce qu’elles vivent encore. Et les tonnes de lettres que je reçois me confortent dans ce choix. Où est notre richesse ? De connaître la vie des autres.

Eurasie : Etes-vous d’accord avec l’affirmation de l’étudiante Jin Shuai que vous interviewé dans « Chinoises » quand elle dit : « il n’y a pas d’hommes en Chine » ?

Xinran : Je ne suis pas de son avis, mais on ne peut la blâmer pour ce point de vue. Elle n’a pas grandi dans un environnement affectif normal. Pour survivre dans notre monde hostile, des jeunes femmes, comme Jin Shuai, se sont construits une carapace et ont réprimé leurs émotions.

Eurasie : Avez-vous rencontré des femmes heureuses durant vos reportages rapportés dans « Chinoises » ?

Xinran : Oui, dans le nord de la Chine, dans le province où se trouve la ville de Xi’an, dans un minuscule village, Colline hurlante. Dans ce lieu extrêmement pauvre et coupé du monde, les gens habitent dans des demeures troglodytes. La bouse de vache est utilisée comme combustible. Ces gens se nourrissent d’un gruau de blé clair. Les femmes n’ont qu’une valeur utilitaire, celle d’être des instruments de reproduction. Certaines épouses sont même partagées entre plusieurs hommes. Quand les hommes parlent d’ « utiliser » une femme, cela signifie qu’ils veulent coucher avec ! Et pourtant, ces femmes qui mènent une vie primitive dans un monde moderne, ont été les seules femmes de tous mes reportages à me dire qu’elles étaient heureuses !

Eurasie : A quoi vous consacrez-vous maintenant que vous vivez en Angleterre ?

Xinran : Je publie un article deux fois par mois dans le journal The Guardian à propos de la Chine, je tiens aussi le rôle de conseiller aux relations avec la Chine pour des sociétés comme la BBC. Mais la chose qui me tient le plus à cœur est l’association que j’ai lancé « The Mothers’Bridge of Love ».

Eurasie : Quel est son but ?

Xinran : Aider les enfants chinois, mal dans leur peau, où qu’ils soient. Je pense d’abord aux enfants adoptés par des familles occidentales. Plus de 55 000 familles occidentales ont ainsi adopté des orphelins depuis 1995. Et qui se posent la question : pourquoi ma mère chinoise n’a pas voulu de moi ? Nous nous intéressons aussi aux enfants qui vivent en Chine dans une très grande pauvreté. Enfin, nous voulons faire découvrir leur culture d’origine, le pays de leurs ancêtres à des petits Chinois de la diaspora. Pour résumer notre action, nous voulons construire des passerelles entre la Chine et le monde, entre les mères et leurs enfants, entre une culture natale et une d’adoption. Créer des liens qui n’existent pas ou plus.

Propos recueillis par Emmanuel Deslouis, www.eurasie.net

Par Marieke Flament - Publié dans : Mes lectures
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Lundi 30 mai 2005 1 30 /05 /2005 00:00

J'avais trouvé ce livre dans une des libraries de notre campus, écrit en français et brossant un tableau de la Chine comtemporraine, il m'avait tout de suite attirée. Ce petit livre est en effet un receuil d'historiettes qui comme il est écrit au dos du livre, "par leur style raffiné et clair, par leur intrigue simple et courte, reflètent également l'immense scène de la vie dans la Chine d'aujourd'hui : les us et coutumes, la mentalité du peuple. Certaines décrivent les tares de la société qui se révèlent en Chine comme l'ampleur exagérée des organisations, la pléthore du personnel, le manque d'efficacité du travail ainsi que la pratique du piston".

 

L'enfant au milieu du lit

 

Ce genre d'histoire courtes, écrites en quelques caractères, remonte à la Chine antique. On trouve dans le receuil "l'enfant au milieu du lit" quelques 55 histoires, toutes très différentes. Certaines m'ont marquées et m'ont fait pensé à ce que nous vivons, notamment "demande pour l'achat d'une bouilloire", simple petite nouvelle au cours de laquelle on perçoit la lourdeur du système administratif chinois, "Dans un train un passager", courte histoire qui raconte un voyage en train avec un chinois qui prend ses aises, "la chaise" autre courte nouvelle qui décrit le fonctionnement du piston : pour avoir une chaise, il faut demander à la bonne personne faute de voir sa demande rejetée... En peu de mots les auteurs de ces nouvelles (pour la plupart publiées dans des hebdommadaires ou des quotidiens), brossent un tableau criant de vérité, au delà de simples scènes de la vie quotodienne c'est une vraie remise en question du fonctionnement de la société chinoise...

Par Marieke Flament - Publié dans : Mes lectures
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Vendredi 3 juin 2005 5 03 /06 /2005 00:00

Lin Kong est médecin militaire dans un hôpital de Mandchourie. Il a autrefois accepté un mariage "arrangé" par ses parents et depuis, même s'il retourne tous les étés dans son village pour retrouver sa femme et sa fille, il espère surtout obtenir le divorce afin de pouvoir vivre sa passion avec une jeune infirmière.

 

La longue attente

 

Ce livre brosse un tableau de la Chine de 1966 à 1983, montrant combien il était alors difficile d'obtenir le divorce. J'ai surtout aimé l'image de la bureaucratie communiste qu'on y trouve : un système lent et inefficace au possible. L'auteur a obtenu pour ce roman le National Book Award, le prix Pen Faulkner et une nommination pour le prix Pulitzer. Le rythme du livre parfois lent (très lent) décrit parfaitement cette "longue attente", un livre à lire sans plus attendre !

 

 

 

Par Marieke Flament - Publié dans : Mes lectures
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Dimanche 5 juin 2005 7 05 /06 /2005 00:00

"Mort d'une héroïne rouge", peind le Shanghai des années 90. Enquête policière autour du meurtre d'une jeune travailleuse modèle, ce livre dénonce surtout la corruption du système communiste : chargés de l'enquête, Chen et Yu apprendront à leur dépend qui est l'auteur du crime.

 

Mort d'une héroïne rouge

 

L'auteur, Qiu Xiaolong est né à Shanghai, victime de la révolution culturelle, il a été interdit d'école pendant des années sous prétexte que son père était un réactionnaire. Il parvient quand même à étudier l'anglais et à rédiger une thèse sur T.S Eliot. Auteur de plusieurs romans ("Visa pour Shanghai", "Encre de Chine" et "Mort d'une héroïne Rouge"), il vit aujourd'hui aux Etats-Unis.

Par Marieke Flament - Publié dans : Mes lectures
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