Je suis allée à Pékin la semaine dernière afin de rendre visite à Emilio. Et comme Pékin je commence à connaître, cette fois-ci nous avions opté pour le dépaysement, un petit village "romantique" à 90km à l'ouest de Pékin. Je dis "romantique" parce que c'est ce qui avait été dit à Emilio... Mais laissez moi vous raconter, je sens qu'on va se marrer.
Pour se rendre à Cuandixia, c'est facile. Facile mais long : il faut dans un premier temps se rendre tout au bout de la ligne 1 de métro en direction de l'ouest (Pinguo yuan) et ensuite prendre le bus 929 支. Attention, pas le 929, le 929 支. De toute façon on ne vous laissera pas monter dans le 929, on vous fera comprendre que vous vous êtes trompé. Au bout de 2h de bus (le bus coute 7 yuans par personne), on arrive dans un endroit paumé et quasi desert (ce qui est rare en Chine). Là, on change de moyen de transport. On monte dans une voiture. Direction le fameux village. Le chauffeur avait l'air sympa, donc nous, pas méfiants, on n'a pas revérifié le prix : on nous avait dit entre 10 et 15 yuans. Ci-dessous les explications que nous avions pour nous rendre au village... Soit dit en passant, merci à Haifu, le camarade Islandais d'Emilio, celui là même qui lui avait garanti un week-end romantique !

Le dessin de Haifu
Au bout de 15 minutes, on arrive dans un village. Pas de lumières, seuls quelques lampions allumés, pas un chat dans les rues... Le chauffeur nous emmène dans un premier "hôtel", la maison de deux dames. On visite... Pas de chauffage (et ça caille grave, on est à 700m d'altitude). "Y a pas de chauffage mais les lits sont des kangs". Vous savez ce que c'est un kang ? Laissez moi vous expliquer : c'est un lit (enfin, une planche) qui est chauffée par le dessous avec du charbon. Euh... Et les toilettes ? "Y a pas de toilettes, je vous ammène un pot". Je vous l'avez dit, c'est un week-end romantique ! Euh... Est ce qu'il y a des endroits mieux ? "Ah oui... Vous pouvez aller chez ma fille". Hop, on va chez la fille. On visite, ça a l'air mieux, y a le chauffage central, le lit est "normal", y a une "salle de bain". En fait les toilettes servent d'écoulement pour l'eau de la douche. D'ailleurs les toilettes de la maison ne sont à utiliser que pour le "xiao piar" (comprendre les petits besoins), pour les plus gros faut aller dehors. Et marcher pendant 5 minutes. De quoi vous couper l'envie. Bon, on va pas compliquer les choses, on accepte. Le tout pour la modique somme de 50 yuans. Notre chauffeur de taxi songe maintenant à prendre congé de nous... Bien, on va dehors pour le payer. "C'est 50 yuans." Quoi ?!? 50 yuans ??? Pour 15 minutes de voiture ? Et là a commencé ma plus longue engueulade en chinois. Le tout à -3 degré. Et le bougre n'a pas lâché... Il a tenu bon, moi je pensais qu'il allait mourir de froid dans sa petite veste, non, non, non... Il nous a proposé un deal, le deal le plus foireux de l'histoire des deals : "je vous ramène de là où vient le bus, je veus pas d'argent et vous prendrez une autre voiture". Ben oui ! T'as raison ! Comme ça, on arrive là bas et comme on a pris le dernier bus, il n'y aura plus personne pour nous ammener et comme ça tu nous demande 100 yuans... Ben voyons ! Donc on a dit non. Après plus de 40 minutes de négociation nous avons obtenu un rabais : 40 yuans. L'arnaque. Bref, on aura appris un truc : ne jamais oublier de demander le prix avant !

Depuis la chambre à coucher, la maison de nos hôtes
Comme les émotions ça creuse, nous avons demandé à notre hôte de nous préparer un repas. Et là, ça a été un festin : spécialités locales cuisinée juste pour nous et c'était délicieux... A 20h nous avions fini de manger... On fait quoi ? Ben si on sort y a rien, donc on reste à l'intérieur. Et on demande à notre hôte si il a des cartes à nous prêter. Tout content il dit oui et nous ramène un jeu de Mah-jong. Ben oui, en chinois on dit pareil. Donc on s'est retrouvé avec un jeu qui nécessite 4 joueurs. Et donc on a inventé un nouveau jeu.

Le Ma-Jong rééinventé
Le lendemain, hop, levés de bonne heure, prêts pour visiter le village. La douche on oublie, ça caille trop, et la crasse ça tient chaud. C'est ma maman qui le dit. Donc on va visiter le village sales. Nous, pas le village. Et 30 minutes plus tard nous avions fini notre tour de village. Pour 10 yuans de ticket d'entrée... Faut dire que le village il est pas grand : il fait 5 km carrés.... Bon... Et maintenant ? On fait quoi ? Y a un bus qui vous ramène à Pinguo Yuan pour 10 yuans par personnes à 10h10. Et il est ? Il est 9h. Argh ! Bon... Mais ça vaut le coup d'attendre, ce sera quand même 3 fois moins cher que l'aller ! Donc on attend. Et on meurt de froid. Et de faim. Parceque dans ce fichu patelin, y a une épicerie, et le rayon et franchement petit. A 10h20 le bus arrive, on saute dedans, il est chauffé, bonheur sans nom ! 4h plus tard nous voilà de retour à Beida... Enfin, c'était quand même un chouette week-end, le village est très calme, très beau. Juste un peu petit. Mais il parait que l'été c'est génial, y a plein d'autre villages dans le même genre aux alentours et surtout il fait moins froid ! Le week-end a aussi été très instructif : vivre chez l'habitant, dans une vraie maison chinoise, ça n'arrive pas tous les jours !

Photos du village
Avant de lire cet article, vous pouvez vous rendre à mon article plus général sur Pékin.
Beida (Bei de Beijing qui veut dire nord et da de daxue qui est l'abréviation pour université) est l'université la plus ancienne de Chine. Située au nord est de Pékin (station de métro Wudaokou), c'est l'université numéro 1 en Chine pour les sciences économiques et sociales. Et Beida c'est surtout là où Emilio étudie. Un campus magnifique, une histoire riche, bref un article !
Un peu d'histoire...
L'université fut ouverte en décembre 1898 pendant la réforme des 100 jours et était initialement connue sous le nom "d'université métropole". Ce n'est qu'en 1912 que l'université fut renommée et on lui donna alors son nom actuel : université nationale de Pékin.
C'est avec l'aide de Cai Yuanpei nommé directeur le 4 janvier 1917 que l'université devint la plus grande institution du pays comptant 14 départements et plus de 2000 étudiants. En 1920 Beida devint la seconde université chinoise à accepter les filles (après l'université de Nankin).
Lors de l'occupation japonaise, l'université de Pékin déménagea à Kunming et forma l'union des universités du sud ouest avec les universités de Tsinghua et de Nankin. En 1946 après la seconde guerre mondiale l'université retourna à Pékin. A cette époque l'université comptait six départements : arts, sciences, lois, médecine, ingénieurerie, et agriculture et quelques 3000 élèves.
Aujourd'hui Beida est considérée université numéro 1 et sa principale rivale est Tsinghua (située à quelques mètres de là seulement). Plus de 100 000 élèves sont sortis de cette université parmi eux nombreux sont ceux qui ont joué un rôle prédominant tant dans le gouvernement chinois que dans la classe des intellectuels. (source : wikipédia)

Visite du campus...
Le campus est situé sur un ancien site de jardins de la dynastie des Qing et compte donc de nombreux bâtiments de l'époque. Le campus est connu pour être l'un des plus beau campus universitaire de Chine.
La porte Ximen (porte de l'ouest) est très connue, c'est en effet la première et donc la plus vieille porte de l'école. Nombreux sont ceux qui s'y font prendre en photo. A peine la porte franchie on trouve deux obélisques encadrant un jardin et des bureaux administratifs dans un style ancien.

Le lac De Beida est un magnifique. Les élèves s'y promènent, y étudient, s'y reposent. Pour le festival de la mi-automne les élèves mettent sur le lac des lampions illuminés (tu me diras si c'est beau Emi ?). Sur les bords du lac on peut voir une espève de pagode, ancien puit à eau.

La bibliothèque de Beida est la plus grande bibliothèque universitaire d'Asie. Elle compte plus de 8 millions de manuels en rayon.

Avant de lire cet article, vous pouvez vous rendre à mon article plus général sur Pékin.
En Chine la cuisine c'est un peu comme la langue, il y a autant de type de cuisine que de langues parlées, c'est à dire beaucoup ! Tout comme les langues, la cuisine est typique d'une région. Ainsi à Shanghai on préfére les mets un peu sucrés, dans le Sichuan c'est le piment qui est roi, la cuisine du Jiangsu est remarquable pour ses plats doux, légers et sa préparation fine, la cuisine du Shanding est célèbre pour le raffinement de ses plats, la cuisine du Guangdong est célèbre pour sa variété et son goût délicieux etc. Et à Pékin ? Et bien tout le monde le sait, à Pékin la star numéro 1 est le canard laqué. Mais à Pékin il y a aussi des spécialités de marmites mongoles (huoguo), mais vu que la marmite mongole est un plat fait pour réchauffer, ce n'est pas l'idéal en été !
A Pékin, il y a aussi tous ces mets sucrés délicieux : les tanghulu (voir l'article de Céline à ce sujet), je n'ai pas pu en manger, c'est une spécialité réservée pour l'hiver (l'été on a le droit aux glaces fondues vendues à tous les coins de rues...) mais j'ai trouvé un souffleur de caramel qui lui aussi a pu m'offrir (enfin... Me vendre !) une petite sucrerie... Je n'ai donc pour le moment que deux expériences culinaires pékinoises à vous raconter, les autres viendront avec mes prochains voyages !
Canard laqué à la cantine du restaurant Quanjude
En Chine fait comme les chinois. Euh pardon, à Rome fait comme les romains. Bref, là où tu vas, fais ce que tu vois. Tout le monde en parle (surtout les chinois) alors nous sommes allés au restaurant Quanjude (32, avenue Qianmen). L'astuce c'est que ce restaurant à en fait deux restaurants à la même adresse : une "cantine" sorte de restauration du canard laqué et un restaurant. Histoire de le manger vraiment à la chinoise notre canard et bien nous avons choisi la cantine. Menu tout en chinois et pas un seul laowai dans la salle. De toute façon si vous y aller, vous pouvez pas vous tromper : la ligne à commander c'est la ligne la plus chère : celle du canard laqué (70 yuan l'assiette). Mais vous ne le regretterai pas !
Les plats sont apportés dans des assiettes en carton mais c'est tellement bon qu'on en oublie la proximité de ses voisins (on partage une table à plusieurs), le bruit. Une bonne bière (excellentes bières à la pression blonde ou brune) une assiette de canard laqué et c'est le paradis !
Le canard laqué (le canard provient d'une espèce spéciale élevée -ou plutôt gavée- dans les environs de Pékin) est cuit suspendu dans un four spécial chauffé avec du bois d'arbres fruitiers. Ensuite on le découpe en lamelles fines, qu'on mange avec des tiges d'oignon vert et une épaisse sauce sucrée et salée après avoir enveloppé le tout dans une mince crêpe. Et c'est trooooooooooop bon !

Souffleur de sucre
En sortant de notre visite du lac Beihai nous sommes tombés sur un drôle de marchant ambulant : un souffleur de caramel. Un petit vélo, un réchaud à gaz, du caramel fondu et toutes ses oeuvres d'art accrochées m'ont attiré. Et comme une petite fille de 5 ans je me suis retrouvée scotchée devant ce souffleur de caramel. Et moi aussi je voulais ma sucette ! Après quelques négociations ("Je peux faire des photos ?" "Oui mais tu m'achètes une sucette" "C'est combien ?" " 10 yuan" "Quoi !!! Non, je veux bien pour 5 yuans" "Ok, 5 yuans") j'ai pu voir mon artisant au travail.

Etape 1 : Prélever la dose de caramel et la malaxer comme il faut (euh... Il a les mains propres ? On va dire que oui !)

Etape 2 : Comme pour du verre, souffler le caramel. Waouh ! Ca gonfle !

Etape 3 : Une fois la forme désirée obtenue, décoré avec des colorants (probablement comestibles)

Etape 4 : Et hop ! Le trophé est fini, la cliente est contente, elle a un coq (c'est l'année du coq et je suis coq alors ça tombe bien). Et y a plus qu'à le manger !

Miam, miam, miam, c'est bon Pékin ! Euh pardon, c'est beau Pékin !
Avant de lire cet article, vous pouvez vous rendre à mon article plus général sur Pékin.
Dans le centre ville de Pékin on trouve quatre lacs artificiellements creusés : au sud le lac du sud et le lac du centre (résidence depuis 1949 des plus grands dirigeants chinois : Mao Zedong, Zhou Enlai, Deng Xiaoping, Hu Lingtao) au nord le la Beihai et le lac Shisha Houhai. Inutile d'essayer de visiter les 2 lacs du Sud, ils sont strictement interdits au public, par contre, on peut visiter le lac Beihai, il est en fait entouré d'un immense parc autrefois jardin impérial. Ces 4 lacs ont été creusés sous les Liao et les Jin (916 - 1234)
Le parc Beihai
Construit en 1166 il est devenut le jardin impérial depuis les dynasties des Liao, des Jin, des Yuan, des Ming et des Qing. D'une superficie de 680 000 mètres carrés, dont 390 000 sont couverts par des surfaces d'eau il s'étend autour de l'île aux hortensias sur laquelle se dresse la pagode blanche. Mais là encore, jeux olympiques oblige, nous tout ce qu'on a vu de la pagode blanche, ce sont des planches pour la restauration du bâtiment. Du haut de l'île aux hortensias on peut observer une magnifique vue sur la cité interdite. A l'entrée du Sud se trouve la citadelle ronde et le palais recevant la lumière. Du haut de la citadelle on peut voir les lacs du sud.

Vue sur le lac Beihai et la cité interdite depuis l'île aux hortensias
Autres sites intéressants : les Cinq Kiosques-Dragons, lieu où la famille impériale contemplait les feux d'artifice, l'écran aux neuf dragons construit en 1756 haut de 6,65m et long de 25,68m sur lequel plus de 1000 dragons sont représentés. Ce lac est le plus ancien jardin impérial bien conservé en Chine et il est un havre de paix et de calme après le tumulte du centre ville. Une fois la visite achevée, lorsque l'on sort par la porte du nord on se retrouve sur le lac Shisha Houhai.

L'écran aux 9 dragons
Le lac Shisha Houhai
Ce lac est un lieu très agréable de promenades, les chinois y nagent, y pêchent, y crachent, de nombreux vélos en font le tour (et tous les 2m un porteur vous propose ses services...). Sur le côté ouest du lac de nombreuses terrasses vous proposent des rafraîchissements, avec une belle vue et une bonne bière, satisfaction garantie !

Coucher de soleil sur le lac Shisha Houhai

Terrasse sur les bords du lac
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A Pékin on appelle Hutong les quartiers habités par les autochtones, ces petites ruelles pleines de vie parfois en passe d'être démolies par le gouvernement chinois au profit d'immeubles plus modernes.
Se promener dans les Hutongs et une chouette expérience : ça bouge de partout, ça crie, ça s'engueule, ça travaille, bref, ça vit. On peut visiter les Hutongs en vélo (en louant un vélo ou en se faisant porter par un porteur) moi j'ai choisi mes pieds, au moins ils vont où ils veulent !

Au sud de la place Tian'anmen, les Hutongs que nous avons visité sont plein de petits magasins. Expérience plutôt rigolote : la vente aux enchères d'objets en jade. Un chinois, un micro, une assistante, une assistance et hop, c'est parti ! "Ce magnifique dagon en jade blanc, prix de départ 300 yuan, qui dit pieux ?" "Ah, le monsieur à ma droite 320 yuans, 320 une fois, 320 deux fois, oui monsieur ? 350 ? Ok, 350 une fois, 350 deux, 350 trois adjugé ! Le magnifique dragon en jade blanc est pour monsieur".

Au détour d'une ruelle nous sommes tombés sur un endroit plutôt incroyable, un petit "bar-restaurant' décoré dans un mode un peu colonial, un chouette endroit pour se rafraîchir et boire une bière. Je ne peux malheuresement pas vous dire ni le nom ni l'adresse mais je saurais vous y emmener au besoin !


