Dimanche 27 novembre 2005
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Certains me diront que je suis attaquée, d'autres me trouveront courageuse, moi je trouve ça normal. J'ai couru le semi-marathon de Shanghai (21 km et des poussières... Enfin, j'aime autant vous dire que les poussières sont non négligeables !). Ma sixième "longue course". J'avais déjà fait 2 fois le Paris-Versailles, une fois les 20 km de Paris, une fois l'humarathon et une fois la corrida de Luanda, en Angola (18 km sous une chaleur à crever et je me suis faite dépasser par toutes les petites angolaises qui couraient pieds nus, j'aime autant vous dire que mon moral en avait pris un coup). Donc histoire de pas perdre la forme, en Chine comme partout, je cours (non, c'est pas "cours Forest !", ni "cours Marieke !"). Mais voilà, courir un semi-marathon en Chine, c'est pas la même chose que courir un semi-marathon à Paris. Voici donc le récit de mon semi-marathon à Shanghai, mon premier "vrai" semi-marathon. Le reportage est malheuresement sans photo, vous comprendrez que courir 21 km avec un appareil photo dans la main c'est pas le plus facile !
Photo extraite de news365, le départ
L'inscription
Première étape assez facile, surtout quand on délègue ! Faire faire un certificat médical par sa tante qui réside en France (merci Françoise !), il est écrit sur le site internet (http://www.shmarathon.com/) qu'il faut en fournir un. Envoyer un pote à l'inscription (merci Nils !) et le tour est joué ! A noter, Nils n'a eu besoin ni de mon certificat médical, ni du papier signé de ma main, il a contrefait une signature pour moi a payé et le tour était joué. Pas très sérieux quand on sait qu'en France on ne peut pas courir si on a pas un certificat d'aptitude sportive. Cependant, à en croire l'article datant du 25 novembre parut sur le site de Shanghaidaily les participants ont tous du subir deux tests médicaux... A noter également, les différences de tarifs en fonction du statut : 100 yuans pour les étrangers et 30 pour les chinois (ou pour les étudiants tels que nous). Pourquoi une telle différence ? Vous allez le comprendre sous peu...
Deux jours avant la course il faut retourner au lieu de l'inscription. Là encore, j'ai délégué... (et là encore, merci Nils !). Mon pote a du se faire plus de 2h de "queue" (à la chinoise quoi !), le tout afin de récupérer nos numéros et tout le reste. D'ailleurs, c'est assez impressionant tout ce qu'on nous a donné... Un sac Mitzuno, un tee-shirt, des médicaments pour le coeur (je vous jure, c'est pas une blague !) j'ai pas osé y toucher (mais là encore, si on se réfère l'article du Shanghaidaily, il s'agit de médicaments chinois fait à base de gimgembre et de musc destinés à éviter les maladies coronariennes)... Des bonbons et des brochures d'explication.
Le lot du coureur
La course
Lever à 5h. Petit dej' à 5h15 : un bol géant de müesli préparé par Nils (cette fois-ci j'arrête de dire merci, sinon on ne s'en sort plus !). Départ à 5h45 pour arriver 30 minutes plus tard sur le Bund. Et oui, le départ de la course a eu lieu sur le Bund, sur la rue Nanjing, en face du célèbre Peace Hotel. Avant le départ, se débarasser de ses affaires : c'est là que commence la "discrimination" et le bordel. Pour les "non-chinois", c'est par là. Pour les chinois c'est pas par là. C'est par ici. Non, pas par là. Ici. Là ? Non, là-bas. Argh ! Bref, on a fini par trouver le bon endroit, on a fini par réussir à poser nos sacs dans les bus correspondants à nos numéros. Et ensuite on se rend au point de départ. "Discrimination" numéro 2 et le bordel qui va avec (sinon c'est pas vraiment chinois !). Pour les non-chinois c'est dans ce carré là. Pour les chinois c'est dans celui-ci. Les carrés étant en fait matérialisés par des gens du staff. Et oui, en Chine on utilise pas des barrières, on utilise des gens ! Donc nous, dans notre enclos, on avait plutôt de la place. Les chinois, eux, ils étaient un peu tassés dans le leur... Le coup des discriminations, ça m'a un peu mis mal à l'aise. Enfin bon, on comprend mieux pourquoi les "non-chinois" payent plus cher. Ceci étant dit, je trouverai ça plus logique que tout le monde paye la même chose et que tout le monde soit mis à la même enseigne. Bon allez, je m'échauffe un peu. On me tape sur l'épaule... "Marièke ?" Et là, je deviens toute rouge... "Je suis tombé sur votre blog par hasard, en cherchant un Decathlon." Ah... Le blog ! "Et c'est pas mal du tout votre blog !" Alors, voilà, je sais pas qui vous êtes monsieur, mais en tout cas, merci ! Ca m'a mit la patate !
7h25. La course va bientôt commencer. Avant le départ, hop, un petit coup d'hymne national. Et les coureurs chinois de tous chanter en coeur. Applaudissements à tout rompre... Il est intéressant de noter que la course était organisée par un sponsor japonais et que de nombreux japonais étaient présents. Donc voilà, juste histoire de leur rappeler où ils sont on met un coup d'hymne chinois à tout rompre. Les "barrières humaines" s'en vont, c'est le départ. La cohue. La vraie, celle à la chinoise. Celle où on pousse et où on manque de se rétamer. Le début du parcour était extraordinaire : Nanjing Lu, contournement de people square puis descente vers le sud. Vers chez moi quoi !
Tout le long de la course nous avons eu droit à des "jiayou" (littéralement, "met de l'huile !" équivalent de notre "allez !"). Encouragés par des clubs du 3ème âge vétus de toutes les couleurs, nous ne pouvions qu'avoir la patate ! Faut dire que c'était coloré : des mamies tout sourire en violet, vert, jaune (quel dommage que j'ai pas de photos...) avec des tambours. On a aussi eu droit aux petits écoliers (pas les biscuits) en uniforme, agitant un petit drapeau chinois. Bonne ambiance quoi !
Les seuls hics de la course : pas de ravitallement en nourriture (et j'aime autant vous dire que moi j'ai pas des batteries inépuisables) et des voitures sur le parcours. Les seuls ravitaillements prévus étaient en eau (certes énergétique) et en éponges imbibées d'eau (et les éponges, jusqu'à preuve du contraire, ça ne se mange pas !). Pour ce qui est du ravitaillement, avec Nils nous avions "prévu" le coup : des "power biscuit", des biscuits super énergétiques. Le truc à pas bouffer pour un marathon, ces biscuits sont "désydratés" et au contact du peu de salive qu'il me restait dans la bouche ils se sont mis à gonfler et à se mettre partout dans mes dents... Autre petite merveille, du chocolat blanc. Dove. Grande qualité. J'ai failli vomir mon reste de petit déj'. Après ces quelques tentatives de ravitallement, j'ai fini par me faire une raison et je me suis dit que j'allais devoir finir les 6 derniers kilomètres sans ravitaillement. Et ces 6 derniers kilomètres ont été longs... longs... longs... Heureusement, les "laladui" (supporters) étaient nombreux, mon moral est donc resté au beau fixe). Mais sur le parcours nous n'avions pas que des gens pour nous encourager. Nous avons aussi trouvé des gens pas vraiment contents de se voir bloqué par une course. Faut dire, je les comprend... Toujours est-il que nous courions un peu au milieu des voitures. Pas top. C'est pas vraiment de l'air pur ce qu'on respirait. En fait, vu que la course créait un embouteillage, nous avions le plaisir de respirer tous les gazs d'échappement des voitures bloquées. Uhm......... J'en redemande ! Ca pique les yeux, le nez, la gorge, génial ! Il y a même une partie du parcours où il vallait mieux faire attention à ses fesses, les voitures passaient juste à côté ! Enfin, ne nous plaignons pas trop, courir dans Shanghai c'est chouette ! Ci-dessous le parcours.
Enfin, au bout d'1h50 et 32 secondes j'ai fini par arriver. Non sans mal. Et là, ravitaillement ! A l'arrivée distribution à chaque participant d'un petit sac avec : une orange, une petite bouteille d'eau et un paquet de biscuit au chocolat goût melon (sisi, j'vous jure. C'est chinois. Et quand on est entrain de mourir d'hypoglycémie, ça se mange !). Ahhhhhhhhhhhhh......... Ca va mieux ! Je revis ! Direction le récupérage des affaires. On se change. Et ensuite ? Ben ensuite on était sensé récupérer notre "certificat" et notre paire de chaussure gratos (vu qu'on avait couru en moins de 2h on avait le droit à un cadeau). C'est là qu'on s'est dit qu'on allait partir sans certificat et sans chaussures gratos : pour réussir à les avoir nous avions devant nous une queue d'un peu plus de 3h.... Donc on a dit tant pis. Et on est rentré. Longue galère pour trouver un taxi... Finalement, au bout de 20 minutes de marche à pied, on a fini par trouver. Inutile de vous dire que j'étais morte de fatigue le soir !
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